Kozeries en dilettante

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jeudi 27 mars 2008

Dans la même boîte

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie. Enfin, plus ou moins.

Ce blog n'est pas le lieu de la thérapie, j'ai pour cela la dame du mardi qui m'a si chaleureusement, si rassur-ément, de nouveau accueillie et les cachets de ceci-cela. Il n'est pas celui de la confidence, on y entre sans mot de passe, sans mug de thé fumant où l'on se réchauffe les mains en bavardant. Mais c'est mon espace, un coin qui m'appartient et je veux pouvoir y être tout entière, glorieuse ou pitoyable, heureuse ou malheureuse, joueuse ou désespérée, parce que tout ça c'est moi. Peu importe que les fenêtres y soient parfois grandes ouvertes quand je m'y promène nue, peu m'importe que le voisin d'en face s'y rince l'œil.

Ici est mon point d'appui. J'y ai retrouvé des plaisirs oubliés, les cours de récré où l'on jouait en bande, les assemblées générales de zigotos de tout poil, l'enchantement de l'écriture, les projets collectifs, les discussions tardives, parfois guillerettes, parfois âpres, parfois houleuses, enthousiastes en tous les cas. Je ne peux ni fermer mon blog ni le faire retourner à l'état pudique de ses débuts. Je ne le peux ni ne le veux car loin de m'en lasser je m'y sens bien, sereine. Et oui, c'est aussi un refuge, un abri, ma carapace de tortue quand j'ai besoin de mettre de la distance entre moi et moi.

J'ai depuis un an et demi ou deux un blog secret que je partage avec d'autres. Bien qu'à l'initiative du projet, je n'y ai rédigé deux ou trois billets sur toute la période. Nous l'avions ouvert pour pouvoir y sortir de nos « lignes éditoriales » et aussi parce que des proches nous lisent sur nos blogs officiels. Je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec les autres mais j'ai constaté qu'ils y avaient peu participé eux aussi. Pour moi c'est le non-sens du morcellement créé par je parle de ceci ici et de cela là qui y tarit ma plume.

Au cours de mes Petits cailloux j'avais écrit quelque chose sur ces 46 pièces de puzzle sur 10 000. Certes. Mais 46 ou 854, je veux qu'ils soient rangés dans la même boîte.

''Ce billet constituait ma participation aux Billets en sablier. L'amorce provient de Chronique d'une thèse annoncée, de Krazy Kitty.

Sablier du printemps, amorce 4

Seconde amorce proposée par Otir et quatrième de ce jeu :

Vous savez pas la dernière ? Il parait que j'ai un blog. Oui, oui, un de ces machins sur Internet où je raconte ma vie.

A vos billets pour rédiger une suite, mesdames et messieurs !


29/03/2008 : L'amorce provient de Chronique d'une thèse annoncée, de Krazy Kitty.

29 participations

Aux participants des sabliers

Merci à tous de penser à mentionner la source des amorces dès que vous en avez connaissance sur vos billets de participation !

J'Anne d'Arqueboute (sur ses ergots et les Anglais hors de France)

Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres insensibles. C'est drôle d'entendre des bruits qui n'existent pas (la maison d'Anita n'est pas tout au bord de la mer) mais dont on sait qu'ils ne sont pas loin. Ou j'ai peut-être encore dans les oreilles le souvenir auditif de la balade venteuse que mon hôtesse m'a offerte en guise d'apéritif.

J'entends l'océan parce que je sais que j'y suis. Etrange. Si ça se trouve, je n'entends pas Natalie Dessay dans mon tout nouveau jouet, je lis seulement sur la liste des pistes que c'est elle qui chante, que c'est Ruhe sanft et que je ne me lasserai jamais de cet air-là (piste 5 à écouter ici une minute pour ceux qui n'ont pas le bonheur d'avoir ça sous la main.)

Ruhe sanft à trois heures (non cinq) du matin... Voilà qui est fort à propos. Dors tranquillement. Ah mais Natalie-Pamina, je dors très tranquillement, n'aie pas d'inquiétude. C'est juste que je me réveille et que je ne me rendors pas toujours. Spa grave, je ferai la sieste sous la véranda éclaboussée de lumière.

J'ai dit : la généraliste dit que c'est une dépression, mais ça me plaît pas, je ne veux pas, je n'aime pas ce mot-là. Les personnes que j'ai connues et qui ont eu une dépression, ça a duré longtemps, deux, trois ans et je ne veux pas (vœu pas, veau pas). Disons choucroute alors qu'elle me répond. C'est mieux choucroute ? Et puis mangez donc le gros sel que vous a donné le docteur, ça peut pas faire de mal.

Ah oui choucroute c'est mieux, je vois bien les filaments de chou qui s'entremêlent, la digestion difficile, la moutarde. Ou burnout me dit une autre. Ah oui, bien bien, ça burnout, et ça rime, tu as vu ? choucroute et burnout, je boute sans doute !

Il est douze heures plus tard ou peu s'en faut, j'entends le bruit de la choucroute, des vagues de vin d'Alsace qui s'écrasent contre mes tympans en soupirant. Dormir. Elle m'a appris à nager, il faut maintenant que j'apprenne à franchir les rouleaux et ne plus avoir peur d'aller en pleine mer. Vous me tiendrez la main ? Oui, deux fois par semaine, je suis contente de vous revoir. Moi aussi, mais c'est dommage que ce ne soit que quand je vais mal. Hum... c'est un peu ça mon boulot vous savez ? Ah wuais. Mais moi je vais bien hein ? Un peu crevée quoi. C'est le bruit je crois. Le bruit de l'océan.