Kozeries en dilettante

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jeudi 1 mai 2008

Chaud devant ! Le clafoutis est servi

La version candidate à devenir définitive de Dotclear 2 vient de sortir (chez les geeks on dit RC release candidate). Nombre d'utilisateurs en seront contents, moi aussi mais pas pour les mêmes raisons.

Les utilisateurs sont contents, j'ai presque envie de dire que je ne comprends pas bien pourquoi (mais je ne veux pas lancer un troll ici), la version 1 tourne admirablement bien, les beta (versions de travail) de la version 2 ont toujours été très fiables. M'enfin bon, sont contents alors je suis contente pour eux.

Moi je suis contente pour un truc tout bête : on avait un projet collectif et il a été mené à bien. Je me rends compte à la faveur de cette sortie aujourd'hui à quel point c'était important pour moi parce que j'ai beau avoir largement décroché de tout ce qui s'éloignait de mon nombril de plus de dix centimètres, ça m'a fait tout chaud au cœur de voir le billet d'Olivier juste avant de prendre mon train (chacun ses extases, uh uh).

Je suis juste un peu tristounette d'y être pour si peu : le moins qu'on puisse dire c'est que la dernière ligne droite se sera faite sans moi :/

Erm... disons que je ferai mieux pour la version 3 ?

Orgasmes ferroviaires

Je me croyais jusqu'à tout à l'heure de la plus grande libéralité qui soit en matière sexuelle pourvu que ce soit entre adultes consentants. Je dois hélas à ma grande honte avouer mes limites, rencontrées en ce jour dans un wagon du Thalys, quelque part entre Paris et Utrecht.

La ravissante jeune fille assise derrière nous déroule en un flot continu ses cris d'extase. Elle s'adresse en fait à sa voisine mais sa voix vient jusqu'à couvrir les lecteurs mp3 dont nous nous sommes précipitamment collé les écouteurs au fond des oreilles. « Depuis que je l'ai rencontré, ma vie est devenue si évidente », raconte-t-elle. « Il est entré profondément en moi, si profondément que même quand je ne pense pas directement à lui je le sens en moi, toujours ; il me remplit. » Soupirs. « Et sa langue, ô madame, sa langue qu'on dirait faite pour moi, sa langue qui me comble matin et soir, et parfois même la journée. Ah, madame, si vous connaissiez sa langue vous comprendriez de quoi je parle... » Soupirs, halètements.

Elle passe soudain du vouvoiement au tutoiement. On comprend bien qu'après avoir partagé confidences si intimes, on peut se dire tu. Elle s'extasie encore : « Je me souviens parfaitement du jour où je l'ai rencontré, il y a deux ans. Tu penses bien: ça a bouleversé ma vie. » Amoureuse mais pas possessive pour deux sous, elle propose à sa voisine : « J'aimerais tellement te le faire connaître comme je le connais moi, tel que je le vois, tel qu'il est. »

N'en pouvant plus d'une heure de ce régime (la frustration sans doute), je finis par me retourner et lui souffler gentiment que j'essaie en vain de dormir : si elle pouvait quelque temps retenir ses orgasmes je lui en serais infiniment reconnaissante. Près de moi, Claire a mis Léo Ferré à fond pour tenter de préserver l'intimité de la jeune femme... ou la sienne. « Oh pardon, s'excuse la jeune amoureuse, j'arrête, j'arrête tout de suite. » Mais quelle force peut arrêter un tel amour ? Manifestement pas la mienne. Après avoir une longue minute réussi à ne plus parler de son amoureux, la voilà qui repart, en murmures étouffés d'abord, puis crescendo à mesure que sa passion l'envahit de nouveau.

Au regard au sourcil froncé que je lui lance à nouveau, elle tente tant bien que mal de réprimer ses pulsions, trouve une autre issue. J'ai encore la tête tournée vers elle tandis qu'ouvrant son sac, elle en extirpe une bible aux pages froissées à force d'être manipulées et tachées je ne veux pas savoir comment ni par quoi. Le regard plongé dans celui de son amant, elle rayonne, elle irradie de félicité.

Un long râle de jouissance sort de sa gorge. Dieu est en elle. Profondément.