Kozeries en dilettante

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mardi 2 février 2016

It's complicated

Ils sont deux gars, entre 17 et 20 ans à vue de nez, devant moi dans l’escalator à la sortie du métro. Ils ont l’allure typique des jeunes banlieusards, blouson «bibendum», capuche remontée sur la tête, par dessus la casquette pour l’un d’eux, lunettes de soleil (si si) pour l’autre. L’accent est en harmonie. Bref, des stéréotypes sur pattes. Je suis juste derrière eux et par chance ils empruntent la même avenue que moi une fois arrivés en haut de l’escalier, si bien que je peux leur emboîter le pas pour entendre la suite de la discussion dont les premiers mots ont accroché mon attention curieuse…

– Mais alors, dit Lunettes au moment où je mets le pied sur l’escalator, tu vas faire quoi ?
– Je sais pas, répond CasquetteSousCapuche, je vais prendre mon temps, tu vois. Je vais prendre mon temps. Tu comprends, je la connais depuis la maternelle. On est ensemble depuis… putain, je saurais même pas dire depuis quand, tellement c’est ieuv. Genre depuis toujours.
– Ah ouais, la vache.

Le ton marque tout de poids de quelques siècles au moins.

– C’est comme ma sœur, tu vois, et justement c’est ça qui fout la merde, reprend CasquetteSousCapuche.
– Wesh, compatit LunettesDeSoleil, t’attends autre chose de la vie.
– Wé voilà. Mais je dis pas ça pour ça, c’est parce que tu vois, c’est comme ma sœur alors je veux prendre mon temps, parce que j’veux pas qu’elle se sente mal. Imagine, ta sœur quoi, tu veux pas lui mettre la misère.
– Ah oui. Oui c’est sûr, ça, c’est sûr tu peux pas.
– Bon alors je vais prendre mon temps, je vais y aller doucement, je sais pas comment mais faut que ça soit en douceur, presque qu’elle soit contente, ça serait le best.
– Eh ben. Eh ben. Ben bon courage hein. Va falloir que t’assures.
– Oué, chépa, J’sais vraiment pas comment mais faut, putain.

Ils se plongent chacun dans leurs réflexions quelques instants. C’est LunettesDeSoleil qui reprend la parole, sur un ton définitif.

– Hey man, en fait, tu sais quoi man, j’ai envie de te dire : t’es noble. Voilà. T’es noble.
– Et toi t’es le mec à qui je savais que je pouvais balancer tout ça. C’est pas tous.

Leur conversation s’est arrêtée là, du moins elle n’a pas repris avant que j’arrive au pied de mon immeuble, mais c’était assurément mon petit bonheur du jour que d’entendre leur échange où j’ai trouvé que passait beaucoup de tendresse et d’attention à l’égard de cette jeune fille mais aussi entre eux.

jeudi 21 janvier 2016

Share the love

Signalée aujourd’hui par un tweet :

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Se faire photographier par Élie lors du dernier Paris Web dans les bras de Stéphane. Si c’est pas un bonheur du jour ça !

jeudi 14 janvier 2016

Coleslaw, disais-je

Adoncques, le coleslaw. C’est foutrement bon ce truc.

Je demande tout d’abord amicalement à mon gentil lectorat de garder le plus grand secret sur mes révélations du jour vis-à-vis de Virgile. Le coleslaw constitue en effet sa participation traditionnelle aux brunches dominicaux que nous faisons parfois à la maison et il ferait beau voir qu’il se saisisse de ce prétexte pour ne plus venir, déjà qu’on ne se voit plus guère.

Je m’imaginais que c’était très difficile à faire ; il faut dire que je vois souvent un rapport entre délicieux et compliqué, pour je ne sais quelle raison. Il est possible qu’en faire un aussi bon que celui de Virgile ne soit pas simple mais le nôtre, celui d’hier soir pour fêter le retour du gars qui m’a à la bonne au bercail, ne demande pas un gros effort, surtout si on a une machine magique, ce qui est notre cas depuis trois semaines.

Car voyez-vous, j’étais convaincue que mon dormeur préféré aurait à suivre un régime plus ou moins strict pour éviter de faire remonter le taux de cholestérol. Je ne sais pas ce que lui dira le cardiologue de ville avec lequel il a rendez-vous en février mais celui de l’hôpital n’a donné comme consigne que de se diriger vers une alimentation « plus méditerranéenne » [sic, comprenne qui pourra : moins de beurre, plus d’huile d’olive ?] et d’éviter de reprendre systématiquement du plat.

Forte de cette conviction mais consciente que ce serait un gros sacrifice que de devoir changer de régime alimentaire pour celui dont le légume préféré est le tournedos Rossini, j’ai pensé qu’avoir un nouveau jouet geek de cuisine pourrait l’aider à trouver quelque intérêt à la confection de repas plus frugaux. Nous avions des bons d’achat qui me permettraient de réduire à un seul rein le complément à apporter pour l’acquisition d’une machine magique et je m’en fus donc quérir le Précieux dès potron-minet le jour de sa sortie de la première intervention pour que le cadeau l’attende à la maison.

Depuis nous avons réalisé quelques plats, avec plus ou moins de bonheur, dont deux fois du coleslaw. Le Précieux n’est ici utilisé que pour sa fonction robot, mais ça facilite grandement les choses car je n’avais jusque là qu’un moulin à julienne antédiluvien fonctionnant à l’huile de coude. Or le coleslaw c’est beaucoup de carottes râpées et autant de chou blanc émincé, autant dire insurmontable avec un si primaire outil (rappelez-vous que je suis le leader inconstée du feignasses fooding).

Tandis qu’avec ce joli robot qui râpe les unes et émince l’autre, il n’y a plus qu’à ajouter de la mayo, de la moutarde, du vinaigre, un yaourt, des raisins secs, quelques noix, on laisse mariner un peu et à taaaaaaable ! Avouez, c’est le bonheur, non ?

Je vous laisse, je dois aller ouvrir la porte au traiteur indien.

mercredi 13 janvier 2016

Coleslaw

Hier j’ai tenu compagnie au gars qui m’a à la bonne à l’hôpital. Je n’ai pas eu à beaucoup me fatiguer pour la conversation : parti en salle d’op’ à onze heures, on me le rapporte[1] vers midi et demi, un peu pâlot, la perf au bras, le poignet comprimé par le pansement artériel, mais tout content que tout se soit bien passé. Un petit coup de monitoring et de pose de capteurs sur le torse pour la surveillance, puis nous échangeons une phrase et demie, il rallume son téléphone, se tourne pour le poser sur la table de nuit, pousse un gros soupir… et s’endort aussi sec.

Il n’a certes pas dormi d’une traite : visite du médecin pour lui dire que tout s’est bien passé (3’22”), infirmière pour décompresser le bidule du poignet (57”), infirmière pour changer la perf (2’10 elle était petite et a eu beaucoup de mal à atteindre le crochet pour suspendre le sac), infirmière pour décompresser le bidule, épisode 2 (54”), aide-soignante pour vérifier que tout allait bien (33”), infirmière pour décompresser le bidule, épisode 3 (56”). À chaque fois il a accueilli les importuns avec un sourire, poussé un grand soupir et s’est rendormi. Trois heures après son retour, une femme lui a apporté un plateau repas froid : le sourire n’a pas tenu au-delà du départ de cette dame devant la désolation offerte à ses yeux et son estomac. Dix minutes plus tard, après avoir commenté piteusement les tomates en plastique et l’éponge blanche, il poussa un grand soupir et… devinez quoi.

J’étais bien contente d’avoir apporté mon ordi avec un ou deux films et mon tricot. Postée dans un fauteuil près de la grande baie vitrée, j’ai regardé la circulation des tramways et la nuit tomber, rangé mon tricot quand je n’y ai plus vu assez clair, puis vers dix-huit heures trente, je me suis éclipsée discrètement pour rentrer, épuisée par le babillage de mon homme quelque peu affamée.

Mais en vrai c’était chouette de se dire que c’était fini, que tout s’était déroulé pour le mieux et qu’il rentrerait aujourd’hui.

Aucun rapport avec le coleslaw du titre, enfin si mais je vous raconterai demain. Et puis le colis qu’on est allés chercher cet après-midi aussi, mais ça ce sera la semaine prochaine.

Pour l’heure, savez-vous quoi, je vais aller dormir.

Note

[1] Je pense qu’en ce cas on dit bien « rapporte » et non « ramène », rapport au fait qu’il était porté sur une civière ? Je m’interpelloge.

jeudi 7 janvier 2016

On en pleure encore

Si je vous dis que j’anticipe le bonheur de ce que je vais manger ce soir.
Si je vous dis qu’on n’en mange généralement qu’en cette période de l’année.
Si je vous dis que j’en aime terriblement le goût.
Si je vous dis que cette fois je l’ai achetée toute faite, par les cuisiniers du restaurant d’entreprise.
Si je vous dis qu’au bonheur de la dégustation s’ajoute désormais invariablement à son évocation une crise de fou-rire.

Devinerez-vous quel dessert nous attend ce soir ?







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Ouiiiiiiiiiii, bravo !

mercredi 6 janvier 2016

45 grammes

Dernier Journal officiel au format papier

Sous ses dehors rugueux, le rotativiste est un sentimental et son âme lourde pesait jeudi quarante-cinq grammes.

J’ai beau le savoir, depuis vingt-cinq ans de vie professionnelle commune, j’ai été touchée ce matin en croisant le prote des rotos[1] dans la cour industrielle de notre Vénérable Entreprise. Il se doutait bien que nous serions quelques-uns parmi les anciens à souhaiter garder en souvenir un exemplaire du dernier 45 grammes[2] de la maison et il nous en avait mis de côté dans son bureau.

Une page se tourne dans l’histoire de la diffusion du droit dans notre pays, l’histoire de notre entreprise, l’histoire de nos métiers et finalement un peu la mienne aussi. Bien qu’étant depuis quelques années occupée avec bonheur à d’autres fonctions que mon métier originel de poussiéreuse[3], j’ai exercé au cassetin[4] ma première profession avec grand plaisir de nombreuses années avant d’avoir envie de changer de voie.

Il y avait l’exercice du métier lui-même, nourri par mon amour des mots et des lettres, mais aussi, portée par l’histoire de cette branche de métiers, l’appartenance à une famille, ladite famille procurant les mêmes tendresses et agacements que les vraies, avec les combats historiques, la solidarité, les traditions ouvrières, mais aussi son corporatisme, ses bureaucrates, ses lourdingues.

Allez les copains, haut les coeurs, vissons l’ours et chantons ! À la santé du confrère…

Nota: si l’argot des imprimeurs et des typographes dont est émaillé ce billet vous amuse, d’autres termes et définitions par exemple ici sur le web, une sélection d’expressions dans ce billet ou encore mieux là dans un livre. Au fait, savez-vous d’où provient l’interjection “22 !” ?

Notes

[1] Prote : chef de l’atelier, ici les rotativistes.

[2] 45 grammes : surnom donné ici au Journal officiel Lois et décrets, qui était imprimé sur du papier recyclé pesant 45 grammes par mètre carré.

[3] Poussiéreux : correcteur ; ce nom vient du fait qu’on collait souvent les correcteurs dans un recoin de l’imprimerie ; cf. note suivante aussi.

[4] Cassetin : au sens premier, le plus petit compartiment de la casse (tiroir où étaient placées les lettres du temps du plomb du temps de la typographie manuelle) ; par extension, comme on mettait toujours les correcteurs dans la plus petite pièce de l’imprimerie, on appelle ainsi la pièce où ils travaillent.

lundi 4 janvier 2016

Trois en un

Mon premier, c’est de voir réunies toutes les participations aux BonheurDuJour sur le planet amoureusement mis en place par l’ami Tomek. Vous pourrez donc retrouver tout au même endroit à cette adresse - enfin tout ce qui dispose d’un flux RSS et qui lui aura été signalé.

Mon deuxième, c’est cette chouette petite appli Android, Harass Me : elle restaure le volume max de votre sonnerie si vous avez coupé le volume de votre téléphone mais que l’un de vos contacts vous appelle x fois en x minutes. C’est super pratique pour les vraies urgences et là j’en avais une à midi : les collègues partaient au resto manger un bibimbap alors que j’étais en réu ! Et puis je connais le développeur, c’est un gens bien.

Mon troisième, c’est que ma fille a un rendez-vous pour un entretien dans le cabinet de ses rêves la semaine prochaine, à la fois grosses pointures dans leur domaine et membres de l’association AADH. Qu’elle soit retenue ou non, c’est vraiment chouette que son CV ait attiré leur attention, elle est ravie et donc moi aussi.

Mon tout sont le bonheur du jour !

dimanche 3 janvier 2016

Retrouver les copains

C’est quand même l’un des trucs les plus chouettes du monde – en tout cas je ne m’en lasse pas – que de retrouver les copains. Dans mes années scolaires, déjà, lorsqu’on me demandait ce que je préférais à l’école (ou collège ou lycée), ma première réponse ne concernait pas une matière mais « retrouver les copains ». J’ai conservé ce sentiment comme un moteur déterminant qui soit dit en passant m’aide à combattre ma tendance naturelle à la très grosse flemme. Le seul retrouver-les-copains qui n’ait pas été assez puissant pour le moment, c’est celui qui me ferait prendre l’avion pour Nouméa ou Montréal…

J’ai déjà dit qu’à bien y réfléchir j’étais prête à m’engager corps et âme dans la gestion d’un lavomatic et croyez bien que ça n’est pas qu’une blague. J’éprouve une joie d’enfant à préparer la surprise que Franck et moi sommes en train de mitonner pour les copains de Dotclear – non ça ne se mange pas –, de commencer à organiser la colo du printemps, de retrouver dans mon fil RSS des amis qui avaient plus ou moins arrêté de bloguer, bien que certains soient plus contrariants que d’autres. Et retrouver les copains, ça peut même se passer de façon indirecte : je me réjouis par exemple quand je sais le couvepenty occupé.

Retrouver les copains, c’est moult bien !

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