Kozeries en dilettante

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dimanche 9 septembre 2007

Prosélytes lyriques, saison 3

On y a pris goût, on recommence. Organiser des sorties en groupe à l'opéra. Cette année encore, je propose à ceux qui le souhaitent de s'inscrire sur le wiki pour participer au choix des spectacles, se donner rendez-vous aux files d'attente des guichets[1] et assister aux représentations que nous aurons choisies.

Réclame

Les avantages sont multiples et nombreux (et pléonastiques) :

  • un prétexte pour se rencontrer,
  • des copains pour patienter dans la file d'attente,
  • des martingales secrètes pour choisir LES super places à 20 euros
  • des interlocuteurs pour partager les "walala c'était bien hein ?" ou les "bouhloulou quelle merdasse",
  • des accompagnateurs pour aider les lyricovierges à franchir le pas
  • l'exploration des bars et restaurants du quartier Bastille

Nul n'est besoin de vous engager à quoi que ce soit, si vous pensez avoir peut être un jour envie de venir, vous vous inscrivez, pi voilà :)

Règlement

<air féroce> En revanche, n'espérez pas être tombés sur une billetterie à bon compte : on prend des places pour ceux qui ne peuvent vraiment pas venir aux files d'attente, mais l'idée de base c'est que tout le monde vient et que ceux qui ont des obligations professionnelles font leur possible pour se libérer au moins une fois ou assurer le « premier quart » à partir de 6h/7h du matin jusqu'à l'arrivée d'un relayeur. Enfin les places non remboursées au preneur dans les jours qui suivent leur achat sont remises en vente. Manquerait plus que le gentil preneur se retrouve à y mettre de sa poche ! </air féroce>

Premières pistes

Perso, j'ai fait une petite présélection dans les programmes de l'opéra de Paris :

  • Ariane et Barbe Bleue de Paul Dukas. C'est en ce moment, la date d'ouverture de vente à la billetterie est largement dépassée mais peut-être quelqu'un peut-il aller voir s'il reste des soirs avec des places à 20 € ? Si c'est le cas, ça m'intéresse.
  • Roméo et Juliette, de Berlioz, chorégraphie de Sasha Waltz. Attention c'est un opéra-ballet : donc ça danse et les chanteurs sont associés à la scénographie mais pas en pièces centrales. (Date de billetterie dépassée également, même remarque que ci-dessus.)
  • Tosca, de Puccini. Hors de question que je rate ça, pas que ça promette d'être exceptionnel, mais un Tosca sur scène ça se mange sans faim. Guichets : 21 septembre 2007.
  • Alcina, de Haendel. Faut voir, pas mon répertoire préféré et pas une distribution flamboyante, mais une mise en scène de Carsen tout de même... Guichets : 22 octobre 2007.
  • Tannhauser, de Wagner. Du très beau monde partout : Osawa à la baguette, Carsen à la mise en scène, un très beau plateau d'interprètes. Sauf que c'est un Wagner et que j'en ai vu un l'année dernière... Erm, je réserve ma décision. Guichets : 2 novembre 2007.
  • Orphée et Eurydice, de Gluck, chorégraphie de Pina Bausch. Encore un opéra-ballet. Je le note ici pour vous, je l'ai déjà vu et c'était une bien belle soirée ! Guichets : 7 janvier 2008.
  • Luisa Miller, de Verdi. Je vais essayer de faire abstraction de l'interprétation d'Anna Moffo dans ce rôle, le plus beau qu'elle aie tenu à mon avis, alors le plus beau d'Anna Moffo, je vous laisse imaginer le handicap avec lequel part l'interprète de ces représentations. Mais c'est un Verdi, donc j'y vais ! Guichets : 11 janvier 2008.
  • Wozzek, d'Alban Berg. Alors là j'hésite j'hésite. J'en ai entendu dire autant de bien que de mal (paraît que c'est merveilleux ou qu'on s'y ennuie gravement) et je n'aime pas beaucoup Sylvain Cambrelling qui dirigera l'orchestre. Mais c'est avec le craquant Simon Keenlyside et John Villars, ce qui donne à réfléchir ! Guichets : 15 février 2008.
  • Les Capulets et les Montaigus, de Bellini. Avec la plus médiatique des bimbos sopranos, Anna Netrebko. L'œuvre est très belle, très romantique, la direction a été confiée à Evelino Pidó et la mise en scène est signée Robert Carsen. Allez zou, on y va ! Guichets : 25 avril 2008.
  • Don Carlo, de Verdi pardi ! Je préfère la version française mais je prendrai de ces grives-là bien volontiers pour finir la saison Bastille. Guichets : 2 mai 2008.

Wanted

Je vais arrêter de croire pouvoir faire mille trucs à la fois. La visite de Garnier c'était une super idée, je la relance ici et bien sûr le wiki est ouvert pour s'y organiser, mais si quelqu'un pouvait prendre le truc en charge ça serait drôlement bien.

Idem pour l'Opéra-Comique absolument toute la programmation est formidable ! Mais il faut se renseigner sur la façon d'obtenir des places aux guichets, les tarifs, etc. Là encore, ça serait chouette qu'un volontaire se désigne pour prendre tous renseignements utiles.

Bon ben voilà. A vous les studios !

Notes

[1] Cette formule permet de prendre des bonnes places à très petit prix (20 €) mais comporte une contrainte : pour chaque spectacle il faut aller chercher les billets à une date précise et patienter de 6-7h à 11-12h pour les obtenir.

mercredi 27 juin 2007

Intermezzo et entracte

Ranger, trier, exhumer, enfouir, jeter. Laisser le regard errer sur les cartons encore pleins ou à moitié vidés, les murs blancs encore nus. Sortir un escabeau, placer une pile de linge et changer d'avis : non, plutôt là. La redescendre, replier l'escabeau, ouvrir la commode. Où placer ce qui s'y trouve ? Que dois-je jeter ? Que dois-je encore jeter ? Combien de sacs poubelle descendus sur le trottoir depuis l'ancien appartement ? Combien ici ? Comment ai-je tant pu accumuler en moins de cinq ans ? Pourquoi ai-je gardé ces cartons d'archives que je ne consulterai jamais, souvenirs des années lycée, tracts, revues, journaux ?

Les déménageurs ont bossé comme des sagouins, « oublié » d'emporter la moitié de la cave de l'ancien appartement, ébréché ma jolie cruche algérienne, fait sauter un morceau de placage d'une table basse, un autre du buffet de la cuisine, rayé ou cogné plusieurs meubles et perdu, oui perdu mon fauteuil de bureau à roulettes, celui que j'ai tant hésité à déraisonnablement acheter il y a quelques mois. Tous les jours ils me promettent de m'apporter un nouveau, le même. Ils ne viennent pas. Ils ne viendront pas, ils jouent la montre, le découragement. Ils pourraient bien gagner.

Je n'ai pas encore fait ma déclaration d'impôts. Oublié de mettre les papiers s'y rapportant dans un carton facilement identifiable. Plus tard, oui oui je vais les chercher, remplir le formulaire. Plus tard. Demain. Avec une lettre d'accompagnement.

Le lave-linge fuit. Sans doute le tuyau d'arrivée d'eau a-t-il été endommagé pendant le transport. Il faut s'en occuper, et puis aussi du nouvel aspirateur qui n'aspire rien, de la vitre de la cuisinière à remplacer, signaler le convecteur de la salle de bains qui ne fonctionne pas, des toilettes numéro 2 qui n'évacuent pas, de cette fenêtre qui ferme mal et fait entrer le vent dans ma chambre, de la prise électrique sans courant. Rapporter ce meuble qu'on ne peut pas monter. Tenter de récupérer mon carnet à spirales sur lequel je notais tout ce qui était important pendant cet intermezzo d'une semaine entre les deux appartements et qui a été égaré par une ado épuisée et tendue entre le rayon vaisselle et le rayon literie quelque part du côté d'Evry.

Plus tard.

Depuis hier soir j'ai une connexion, après que le modem a été renvoyé deux fois à l'expéditeur sans jamais parvenir ici. La troisième fut la bonne, sans qu'on s'explique ni pourquoi les autres ne sont pas parvenues jusqu'ici ni pourquoi celle-là oui. Lire mes mails, trier l'agrégateur pour absorber le retard de lecture au prix de quelques impasses sur une partie des abonnements.

Sortir fumer sur la terrasse ou plutôt l'une des terrasses de cette « maison sur le toit » comme l'a baptisée ma mère.

Enfourner la septième saison de West Wing dans le lecteur DVD, retreindre mon champ de vision à l'écran jusqu'à ce que je ne voie plus aucun cartons, rien que Bartlett et sa bande, enchaîner les épisodes, sortir fumer sur la terrasse, ou boire un petit café en regardant les coins de la nappe se soulever sous le vent.

Fuir. Entracte. Week-end normand ce dernier samedi-dimanche. C'était prévu quand le déménagement devait être simple et à la mi-mai. J'ai songé à annuler et n'en ai rien fait. D'abord parce que j'avais très envie d'aller faire chier LeChieur à domicile et rencontrer la femme courageuse qui le supporte depuis tant d'années et leurs deux adorables nains. Ensuite parce que nous avions les billets pour une soirée à l'opéra, et aussi parce que j'avais bien envie d'une pause. J'y suis restée deux jours : le premier il a fait beau tout l'après-midi, moi j'ai dormi. Pas dépassé la première page du bouquin que LeChieur m'avait vanté, moi qui ne fais la sieste qu'une fois par année bissextile... Le deuxième il a plu : quel talent cette Koz !

L'opéra : Don Pasquale, une aimable comédie de Donizetti, au livret plus que conventionnel : vieux barbon, piquante jeune fille et jeune premier poète. Au moins l'histoire ne réclame-t-elle pas une attention soutenue et l'on peut sans dommages décrocher des surtitres et se concentrer sur... aïe, les voix. Je dis « aïe » mais rien de catastrophique du tout. J'ai même trouvé la soprano Maïra Kerey, très chouette bien que peut-être un peu fatiguée à la fin. En tout cas elle chantait juste, jouait bien et sa voix passait correctement au-dessus de l'orchestre, ce qui n'était pas le cas de ses partenaires.

Je ne m'étendrai charitablement pas sur le ténor, je vais même m'empresser d'oublier son nom. Dans le même élan altruiste je ne dirai rien des chœurs non plus. Les autres interprètes (tous masculins, Norina est le seul rôle féminin de cet opéra) étaient agréables à entendre lorsque l'orchestre ne les couvrait pas (au fait, quelle acoustique déplorable ce théâtre de Caen, le son était si étouffé que j'avais l'impression de l'entendre à travers un oreiller – où alors je dormais déjà...) et leur jeu rendait leurs personnages très crédibles.

Ce spectacle étant coproduit avec le Grand Théâtre de Genève – qui l'a présenté avec une nettement plus prestigieuse distribution au début du mois –, la mise en scène et les décors ont bénéficié de moyens que Caen n'aurait pu mobiliser à elle tout seule. Pas d'inventivité débridée de la part de Daniel Slater, mais une production aérée et propre (voire trop propre au goût de M. LeChieur ai-je cru comprendre, mais n'assister qu'à des concerts de vauriens braillards lui déforme forcément le jugement) et une mise en scène qui met bien en valeur les talents des interprètes et tente d'introduire des nuances dans les personnages pour les sortir de la caricature du genre, surtout à partir du deuxième acte. Le vieux barbon a des accents touchants de solitude, ses manipulateurs n'ont pas toujours la conscience tranquille.

Entracte lyrique et surtout amical fort bienvenu pour décompresser des soucis d'étagères et autres tuyaux de lave-linge, même si j'avoue avoir jugé dès l'ouverture du rideau du cubage des décors et surveillé l'emballage des meubles au précipité séparant le premier du deuxième acte !

vendredi 25 mai 2007

Et c'est tant mieux, parce que je n'écouterais pas du Wagner tous les jours

Lohengrin mercredi soir avec la bande de dingos, c'était l'effet Pliz : résultat impeccable mais je ne ferais pas ça tous les jours... Non, parce que c'est du Wagner quand même hein...

Marie-Pierre Casey - Pliz

Donc, pour du Wagner, c'était drôlement bien, si, si.

Une production signée Robert Carsen, sans éclat particulier mais servant parfaitement l'œuvre, plus ou moins transposée ici dans une ambiance évoquant un pays de l'Est (j'ai pensé à certains ballets de Joseph Nadj à plusieurs reprises hier, Les Veilleurs notamment), mais sans lourdeur excessive. Très sobres, le décor et les costumes nous épargnent les fréquents débordements vikings, casques à cornes et tresses blondes sur fond de drakkars aux voiles déployées, sans tomber dans le hem... bleu néon personne ne bouge ou alors comme si vous étiez des automates de Bob Wilson.

La direction de l'orchestre de l'Opéra par Valery Gergiev m'a semblé, pour ce que je connais de Wagner, bien servir la musique, capable de murmurer (pas souvent hein) ou tout lâcher, ce qui n'est pas peu dire vu le nombre de musiciens, quand il le faut. Le double chœur m'a en revanche parfois déçue : j'ai eu l'impression que plusieurs départs avaient cafouillé et que quelques savonnages furent semés sur un air ou deux, même si ce sont des pros et qu'ils ont fini par retomber sur leurs pattes. A leur décharge j'imagine que ça ne doit pas être le répertoire le plus facile à chanter.

Outre le metteur en scène, trois facteurs m'ont décidée à faire mon baptême wagnérien avec ce spectacle : 1. Lohengrin est l'un des plus courts (quatre heures trente avec les entractes tout de même). 2. Son livret n'est pas trop empli de sorcières maléfiques, trolls et autres ingrédients mystiques, je n'aime pas plus ça à l'opéra que dans les livres de science-fiction ; 3. Une distribution excellente sur le papier avec dans quatre rôles principaux Ben Heppner (Lohengrin), Mireille Delunsh (Elsa), Jean-Philippe Lafont (Telramund) et surtout Waltraud Meier (Ortrud), que j'adore.

L'œuvre. Alors... comment dire ? Je crois que je ne suis pas encore assez grande pour Wagner. Le premier acte est passé comme une lettre à la poste, le deuxième m'a semblé long avec de grandes plages d'ennui heureusement rompu par l'ensemble chœur + solistes vers la fin, quant au troisième, à la place du compositeur je l'aurais bien bâclé en dix minutes tant ça me semblait traîner en longueur (en ne gardant que ma Waltraud. Bon, ok, gardons Ben Heppner aussi). Il faut dire que la petite forme de Mireille Delunsh, très présente dans cette troisième partie, n'arrangeait rien ajoutée à ma fatigue et ma faim...

Mon problème avec Wagner c'est que ça me séduit toujours d'emblée et au bout d'un moment ça me lasse terriblement. Notons tout e même que la version scénique m'a permis de tenir bien plus longtemps qu'au disque ! Ne parlons pas de la télé, je me souviens de mon dernier essai... L'effectif pléthorique des musiciens et les zimbamboum à fond la caisse sont certes d'un certain charme, je reconnais même qu'ils emportent souvent dans leur élan, mais mon oreille perçoit plus d'effets de manche que de subtilités. (Je demande humblement pardon aux wagnériens et jure que je suis convaincue d'avoir très mauvais goût et aucune éducation !)

La morale du livret pourrait se résumer assez facilement : les femmes c'est soit des faiblardes incapables de tenir leurs promesses et curieuses comme des pies, en plus d'être nunuches à souhait (Elsa), soit des sorcières pleines de venin aux pouvoirs maléfiques et manipulatrices (Ortrud).

On a donc une jeune fille accusée à tort du meurtre de son frère, un beau chevalier blanc qui la sauve et l'épouse en lui faisant promettre de ne jamais lui demander son nom. Une sorcière qui intrigue pour piquer le royaume de la princesse en manipulant son mari et le poussant au crime (une ancêtre de lady Macbeth sans doute) puis pour instiller à la jeune fille le doute au sujet de son fiancé et la pousser à commettre la seule chose qu'il ne fallait pas faire (demander à son mari quel est son nom, vous suivez oui ?). Et bien sûr, cette pauvre nunuche sans discernement gobe que celle qui voulait son exécution hier est devenue sa meilleure amie, cède, exige un nom et patatras c'est la fin du monde. Rha foutues bonnes femmes ! Et pourtant il valait vachement le coup le mec, c'était un Chevalier de la Table Ronde qui était tombé dans le Graal quand il était petit (d'où sa force surhumaine et son âme pure).

Qui dans le fond a dit que les livrets de Verdi n'étaient guère plus crédibles ? Qu'on le pende ! Et puis au moins Verdi, lui, ne colle pas toujours tout sur le dos des donzelles.

Côté interprétation, personne n'a démérité, même si le Roi, Jan-Hendrik Rootering, était un peu en dessous du reste de la distribution – et Mireille Delunsh, mais j'y reviendrai.

Le Chevalier de la Table Ronde, c'est Ben Heppner. Un ténor[1] à la voix solide et au beau timbre, capable de donner beaucoup de couleurs à son chant et de déployer la puissance exigée des interprètes wagnériens (vous avez déjà essayé de couvrir un orchestre à pleins gaz ?) Il compense un physique qui ne correspond pas aux canons d'un jeune premier par beaucoup d'intelligence et de sensibilité dans l'interprétation. Je le connaissais par son CD consacré aux airs français et son Calaf dans une intégrale de Turandot. Je l'ai retrouvé mercredi soir avec plaisir.

Jean-Philippe Lafont (qui a quelques défauts) fut autrefois un très grand Wozzeck. C'est l'un de nos barytons français les plus réputés. Il ne m'avait guère convaincue dans Falstaff il y a quelques années et endosse à mon goût bien mieux le rôle de du mari de la sorcière (mais sa voix se dérobait parfois, je crois ?). Je lui reprocherais peut-être un léger retrait dans l'investissement scénique, notamment dans le duo avec Ortrud-Waltraud Meier, histoire de pinailler.

J'ai décidément bien du mal avec Mireille Delunsch. Hormis dans le génial DVD de Platée et sa non moins géniale Folie, je n'accroche pas avec cette chanteuse. On nous a annoncé avant le spectacle qu'elle était malade, je réserverai donc mon jugement plus général sur cette soprano à une prochaine fois, mais hier elle marquait nettement le pas sur ses partenaires. Si ça passait à peu près bien au premier acte, après tout ça correspondait assez bien à une jeune fille fragile, par la suite c'était plus gênant, notamment le déséquilibre lors du duo du II avec Ortrud et du III avec Lohengrin. En dehors du simple aspect « technique » d'une voix qui manque de puissance pour Wagner, j'ai trouvé son jeu assez fade tant comme actrice que dans sa voix. Mais j'ai quelques scrupules à développer ce qui n'est peut-être dû qu'à son indisposition, je m'en tiendrai donc là.

Waltrauuuuuud ! Waltraud Meier, c'est ma chouchoute depuis que je l'ai découverte dans le classieux DVD de ''Don Carlos'' enregistré au Châtelet, où elle incarnait une parfaite Eboli. J'avais raté son récital l'année dernière, en ne le regrettant qu'à moitié car Juju qui l'avait vue à Strasbourg était revenu un peu déçu. Elle était mercredi à la hauteur de mes attentes, voix puissante, jeu intense, présence scénique impressionnante. La prochaine fois qu'elle chante à Paris je tâcherai d'être au rendez-vous. Et si je retourne écouter du Wagner ça sera parce qu'elle y chante !

A lire aussi les impressions de spectacle de

Notes

[1] Si vous voulez faire chic, vous direz heldentenor ou tenor robusto.

lundi 9 avril 2007

Trucs et machins

Le Palais Garnier

La date de la visite du Palais Garnier est fixée au 20 mai, à 11h30. Si vous étiez pré-inscrit il faut confirmer. Sinon vous pouvez néanmoins vous inscrire. Je dois téléphoner le 20 avril alors merci de m'indiquer combien de places vous souhaitez car je devrai faire l'avance le 20 avril et merci aussi de vous engager à venir si vous vous inscrivez ou au moins à me rembourser si vous changez d'avis ou si vous devez y renoncer. Le tarif est de 11 euros (9 pour les étudiants) et la visite dure 1h30. Garnier fermé toute la journée du 20 mai. On reporte au 13 ou au 27...

Je propose qu'à l'issue de la visite nous pique-niquions tous ensemble avec ceux des paris-carnet / paris-pique-nique qui le souhaiteront. Je ne sais pas trop où pour le moment. Le parc Floral sans doute ?

En mai, fais ce qui me plaît

Il paraît que l'appartement que j'ai visité m'est bien attribué mais je n'ai toujours pas reçu la convocation pour signer le bail et ne sais donc pas à quelle date je vais déménager. Pendant la dizaine précédant le déménagement ça m'arrangerait bien si quelqu'un d'entre vous pouvait me prêter une voiture. On ne sait jamais des fois que vous seriez pris d'une envie soudaine de découvrir Paris à vélo, hein ? Euh... mais voilà comme je disais plus haut : je ne connais pas encore la date. Courant mai en tout cas.

Welsh 2.0

Encore un thème, parce que j'ai rien d'intéressant à dire ces temps-ci alors je joue avec les css. Vous pouvez le voir et le tester sur mon blog de thème. Un genre d'exercice de style assez éloigné de mes thèmes habituels. Notez les rayures, les dégradés, la palette de couleurs... voué voilà, welsh 2.0 quoi ;)

A propos d'opéra, encore

La prochaine file d'attente sera pour aller voir le Bal Masqué de Verdi. La file aura lieu le vendredi 4 mai, à partir de 6h30. Si vous voulez venir à la représentation et/ou assurer la file d'attente pour l'achat des billets, j'ouvre une section sur le wiki.

A propos d'opéra, toujours

Prochaine écoute comparée dans la semaine, promis juré.

Vieilles Charrues chauves

Reçu un mail d'un animateur du forum des Vieilles Charrues :

Bonjour,

Je suis administrateur d'un forum sur les Vieilles Charrues. On m'a prévenu de la rumeur d'une venue des Cantatrices Chauves. Est-ce que la source est fiable ? Où n'est-ce qu'une rumeur parmi tant d'autres ?

Merci d'avance.

La classe non ? ;)

Brrrrrrrrrr

Devinette. Retrouvez l'auteur de ces propos :

« J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents ou mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense. »

Qui a dit « eugénisme » ? Ça glace.

J'ai lu chez vous

  • Merci à Anita de rebondir sur les propos ci-dessus avec des propositions bien intéressantes ;)
  • Via Laurent (Paris Broadway) un lien vers une vidéo : les quatre heures de changement du décor d'un spectacle pour un autre ramassées en quatre minutes. Comme Laurent j'y vois moi aussi ce qui rend le théâtre si magique.
  • Celui-ci a mis un mot de passe sur son blog. Vous pouvez le lui demander en lui envoyant un mail sauf que je ne sais plus quelle est son adresse publique. Donc vous pouvez aussi m'écrire et je lui transmettrai.
  • Celui-là a rouvert son blog. Nan mais si c'était pour parler encore de Madonna c'était pas la peine hein ! ;)
  • Vous avez pensé à aller signer la pétition contre les ordinateurs de vote ? Une série d'articles sur le sujet à lire chez Padawan, qui a également eu la bonne idée de regrouper les infos sur le sujet (format web ou rss).

dimanche 4 mars 2007

Comment nous dire adieu

La voix est l'instrument de musique le plus fragile et le plus intime qui soit. Et parfois elle trahit ses meilleurs serviteurs après nous avoir enchantés des années ou des décennies durant. Ainsi en fut-il en son temps pour Anna Moffo, ainsi en est-il aujourd'hui pour Chris Merritt, grand ténor (notamment dans le répertoire rossinien).

Bien désemparés étaient les spectateurs présents pour La Juive à l'opéra Bastille hier soir. Beaucoup de ses fans avaient pris soin de réserver à l'une des deux dates auxquelles Merritt interprète le rôle d'Eléazar en alternance avec Neil Schicoff. Mais il n'est plus que l'ombre du grand chanteur qu'il fut et la salle se trouva répartie en trois groupes : les hueurs, dont je veux croire qu'ils ne connaissent pas la carrière de Merritt et n'ont réagi qu'à l'exécution (c'est le mot) de ses airs, les accablés (dont je fus) souffrant tant des oreilles que du cœur d'une telle catastrophe mais applaudissant sinon pour hier du moins pour les années de gloire et de bonheur qu'il offrit, et ses supporters, parmi lesquels mon amie Catherine, prêts à envoyer ad patres les iconoclastes gueulards et lançant autant de bravos qu'ils le pouvaient en guise d'autant de baumes réconfortants pour le ténor qui aux saluts fit comprendre qu'il s'excusait de sa piètre prestation.

J'ai moi même déjà eu l'occasion de participer à une « bataille rangée » lors d'une représentation des Dialogues des Carmélites avec un Michel Sénéchal accusant ses quatre-vingts balais et des poussières (mais on était loin du ridicule que frôla souvent et atteignit parfois le pauvre Merritt hier soir).

Un dialogue entre spectateurs d'un bout à l'autre du premier balcon en offrit l'illustration. Un groupe de hueurs se fit apostropher par un autre groupe « Connards ! » entendit-on avant une bordée de « Bravos ! » sonores destinés à contrecarrer les cris des mécontents. Et dans le silence qui retomba, l'un des supporters s'écria « Merci pour tout ce qu'il nous a donné ! Vous ne savez rien ! Vous ne savez pas ce qu'il était ! »

C'était terrible en fait, l'emploi de cet imparfait alors que l'homme se tenait là, seul sur la scène, après l'air le plus attendu de tout l'opéra (« Rachel, quand du seigneur ») qu'il avait massacré, à son propre désespoir, attendant que le calme revienne pour que le chef puisse faire reprendre la musique.

Si quelque pirate se trouvait dans la salle hier soir, nul doute qu'on retrouvera circulant ce témoignage du déclin de cet homme, comme circulent nombre d'enregistrements d'Anna Moffo chantant faux d'une voix laide dont je reçois régulièrement des extraits d'internautes fort divertis de sa déchéance vocale.

C'est compliqué : que devraient-ils faire ? Se retirer de la scène dès que leur voix n'est plus ce qu'elle était ? C'est ce que Natalie Dessay dit qu'elle fera. Mais à quel moment sait-on qu'on a passé la ligne jaune quand la voix se détériore lentement et progressivement ? Quand quelques éclaircies permettent d'assurer des rôles très convenablement ? Quand enfin le bonheur et la fièvre de la scène n'ont pas disparu ? Quand se présente à eux un rôle dont ils ont toujours rêvé comme cet Eléazar pour Chris Merritt. N'ont-ils pas un peu le droit de nous casser les oreilles après les avoir tant enchantées ?

Je n'ai pas de réponse à cela. Je sais seulement qu'hier soir j'étais désolée pour lui et pour ceux de mes blogamis qui découvraient cet opéra et ce chanteur.

Aux seconds du moins je peux offrir l'écoute de « Rachel quand du seigneur » par Roberto Alagna :

Air d'Eléazar dans La Juive, par Roberto Alagna

samedi 3 mars 2007

Urgent - Une place ce soir pour La Juive

URGENT - Vroumette malade - STOP - n'utilisera pas sa place pour « La Juive », ce soir à 19 heures à l'Opéra Bastille - STOP - Si vous souhaitez venir à sa place, envoyez mail à kozlika at free . fr le plus vite possible - STOP

Et n'oubliez pas d'aller lui laisser un petit message de soutien anti-angine !

lundi 12 février 2007

Qui veut aller écouter la Messe en si de Bach ce soir ?

L'adorable Joël, en partance pour l'Inde, m'avait offert sa place pour ce soir au très prometteur concert Bach : Messe en si, au Théâtre des Champs-Elysées, à 20 heures.

Je n'irai pas et propose de ré-offrir cette place à qui viendra la chercher chez moi (quartier place d'Italie).

(Et merci de ne pas me conseiller d'y aller malgré tout, je me connais assez pour savoir ce qui est anxiogène pour moi et passer une soirée seule, fût-ce pour écouter un beau concert, surtout si c'est une messe, en fait partie.)

mardi 12 décembre 2006

Que mille grâces soient rendues à Robert Carsen

Et que des pétales de roses fleurissent son chemin pour les dizaines d'années que je lui souhaite de vivre encore.

Hier c'était Candide, au Théâtre du Châtelet, en compagnie d'une dizaine de blogueurs et je me suis ré-ga-lée. J'aime Robert Carsen, je le vénère, je l'idolâtre. Vous vous souvenez de la Flûte enchantée que j'avais vue à Aix-en-Provence ? Mon premier opéra, en 1994 ? Il en était le metteur en scène. Depuis, aucune de ses productions ne m'a jamais déçue.

Candide est une œuvre composée par Bernstein dans les années 50, sur un livret réécrit d'après Voltaire. La magie de Carsen c'est que c'est forcément très éloigné du texte originel de Voltaire, mais tout y est, et surtout – à ma grande surprise je l'avoue – c'est loin de n'être que distrayant. C'est également corrosif et acide, terriblement dérangeant par moments même. Il faut savoir que comme souvent pour ce type d'œuvre, les parties chantées sont conservées et les parties parlées réécrites, parfois à peine, d'autres fois en profondeur.

Ici, Carsen et Burton (le dramaturge) ont transposé l'œuvre en Amérique. Tout y passe, de Ellis Island au MacCartysme en passant par Chirac, Bush, Berlusconi... Cunégonde en Marilyn Monroe, les idées pétillent et jaillissent en feu d'artifice continu sur une scène encadrée par un écran de télévision géant. Ils ont procédé à des changements d'ordre des scènes également, rendant l'ensemble parfaitement cohérent, quoique j'ai trouvé la deuxième partie moins homogène que la première.

Du côté de l'interprétation, j'ai été gênée en premier lieu par la sonorisation, mais tous les interprètes ne viennent pas du monde de l'opéra et Lambert Wilson, pour ne citer que lui, aurait été couvert par l'orchestre. Ça me frustre car je n'aime rien tant que les « vraies » voix ; surtout que la sonorisation a fait des siennes derrière nous à un moment... Ça m'a frustrée notamment pour William Burden, l'interprète principal, dont j'aime beaucoup le timbre et que j'aurais aimé entendre en « plus chaud » – je trouve que le micro refroidit les voix – et pour l'impayable Kim Criswell (la Vieille) pour les mêmes raisons. Il reste que les talents d'acteurs des uns et des autres, et même de danseurs pour certains, étaient indéniables, la formation « broadway » j'imagine ?

A l'orchestre, peut-être un tout petit chouïa fade mais ne boudons pas une belle interprétation, j'ai noté un fort joli son du premier flûtiste (avant que Marion n'en fasse, je ne suis même pas sûre que j'aurais identifié l'instrument...) de l'Ensemble Orchestral de Paris, dirigé par John Axelrod, dont j'avoue que le nom m'était inconnu jusqu'à hier.

Tout ça pour vous dire qu'il est de votre impérieux devoir de vous ruer au Châtelet, hier la salle comptait de nombreuses places vides. Mais je pense que les critiques qui paraîtront et le bouche-à-oreille devraient faire leur œuvre, alors ne traînez pas !

Lire aussi les blogueurs :

Et pour la presse :

  • Les Echos - Michel Parouty
  • Le Monde - Renaud Machart, qui a encore oublié de prendre son traitement contre l'ulcère avant d'aller au spectacle.

Edit J'ai oublié :

Re Edit :
Arte a enregistré la représentation et la diffusera le 20 janvier 2007 à 22h10.

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