Kozeries en dilettante

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lundi 11 décembre 2006

Felicity Lott demain soir

Erm... Donc demain soir je vais écouter la splendide Dame Felicity Lott en récital au Châtelet, grâce à Akynou (missi !!!).

Et comme je suis une tanche je n'avais pas compris qu'elle m'avait pris DEUX places pour moi (et pas deux places en tout, une pour elle une pour moi).

Et comme Marion était trop déçue de ne pouvoir venir, j'ai cassé la tirelire et je lui ai acheté une place pour qu'elle vienne avec nous.... Et donc je viens d'apprendre en discutant avec Akynou que je m'étais encore trompée dans les grandes largeurs.

Et donc si quelqu'un veut venir demain soir, qu'il/elle se fasse connaître en m'écrivant. Au choix une place à 15 euros ou à 50...

(Et le premier qui se fout de ma gueule, je lui colle un pain.)

mardi 17 octobre 2006

Prosélytes lyriques influents

Les prosélytes lyriques ont pour l'instant mis sous leur coupe 16 personnes sous influence et je ne me sens plus de joie (coucou Edelman chou, j'espère néanmoins que ça ne rend pas sourd vu qu'on est censés aller écouter des opéras quand même).

Hop, hop, les retardataires sont priés de se botter l'arrière-train rapidement et s'inscrire sur le wiki pour figurer dans la mailing list d'organisation de sorties collectives opératiques. Je compte envoyer le premier mail dans les jours qui viennent pour organiser la prise de la Bastille de billets pour Les Contes d'Hoffmann dans une mise en scène de Robert Carsen le Magnifique.

J'espère qu'il n'est pas trop tard pour obtenir des places mais j'ajouterais bien à mes propositions la délicieuse opérette Candide, de Bernstein, qui passera au Châtelet au mois de décembre et dont la mise en scène est assurée également par Roro le Superbe.

Une petite mise en appétit ?

Et j'aimerais bien que mes petits camarades MleMaudit et Zvezdoliki se rappellent qu'ils sont censés assurer leur part de prosélytisme eux aussi ! Même pas inscrits, pfffffff.

mardi 26 septembre 2006

Une place pour Lucia ?

Si c'est pas malheureux... Mon amie Lola la Toulousaine ne va pas pouvoir venir à Paris comme je l'espérais le 6 le lundi 16 octobre pour venir voir Lucia di Lammermoor avec moi. Du coup, j'ai une place à vendre (50 euros, 5e rang du deuxième balcon).

rhhhhhhaaaaaaaaaaa l'imbécile ! heureusement que j'ai dû sortir les billets pour indiquer la place : c'est le 16 octobre et non le 6 ! P'taing je crois que je suis vraiment irrécupérable (du coup bougez po faut que je lui redemande à Lola :-D). bon, elle n'est pas libre non plus le 16 donc l'offre tient toujours !

Affûtez vos claviers, la place sera vendue à qui rédigera la meilleure lettre de remerciements à l'attention de mon amie.

Prêts ? Partez ! Vous avez jusqu'à vendredi minuit pour la rédiger dans ces commentaires. Ceux s'étant déjà rendus à Lucia ou qui ont déjà leur place[1] sont désignés d'office comme co-jury avec moi (et exclus du concours). Nota : aux mêmes conditions de participation que pour soi-même on a le droit de concourir pour offrir.

Les délibérés auront lieu ici même le week-end prochain dans la plus grande transparence (mais sans vidéocast).

Hop, hop !

Notes

[1] Traou, Nawal, Fûûlion, Palpatine, Juju, Matoo, Zvezdoliki, Vroumette, Akynou, Sarastro, Vic... (si j'en oublie qu'ils se manifestent)

samedi 23 septembre 2006

Lucia di Lammermoor (la représentation 1)

C'était donc hier soir ma première Lucia en représentation. J'avais assisté à la générale grâce à Traou mais j'avais préféré réserver la pleine disponibilité de mes oreilles pour les véritables représentations car à l'opéra les chanteurs et musiciens ne « donnent » pas forcément tout à la répétition générale. Sans doute d'ailleurs faut-il y voir l'une des raisons qui m'ont fait me concentrer sur la mise en scène et me livrer ici à quelques pestouilleries à l'égard de ce pauvre Andrei Serban (lire ici et )...

Il y avait de la magie - et de l'appréhension aussi - à se rendre à la Bastille pour y écouter-voir mon opéra préféré avec ma chanteuse en activité préférée. Le risque de la déception pour un bonheur trop attendu, la comparaison inévitable avec les témoignages au disque de multiples versions excellentes, mille fois écoutées, au rang desquelles mes trois préférées : Shippers/Sills, Prêtre/Moffo, et le mythique live de Berlin Karajan/Callas, dont je vous ai déjà parlé avec ferveur.

(En aparté : au risque de laisser croire que ma libido est placebotable dans le lyrique, dois-je avouer que je portais pour cette exceptionnelle circonstance une tenue spécial rendez-vous prometteur bien que mes charmants accompagnateurs soient féminins, total gays ou que la morve leur sorte encore du nez ? Du lard aux cochons, j'vous dis.)

Une femme broyée par un univers d'hommes. La fraîcheur d'une enfant putréfiée par les intérêts familiaux et les alliances politiques. Par la mise en scène et la voix de Natalie Dessay, la Lucia d'hier soir était très proche d'une Juliette transposée en Ecosse, offrant une autre facette possible de l'œuvre, après la naïveté évaporée d'une Sills, la neurasthénie fataliste d'une Moffo, la tragédie antique d'une Callas. Merveilleusement servis par les compétences acrobatiques et le timbre de l'interprète principale, le chef Pidò et le metteur en scène Serban nous offrent une Lucia de quinze ou seize ans encore dans l'enfance (jeux de balançoires, cordes, escalades, déguisements...) mais à la passion amoureuse pleine et fervente. En déséquilibre perpétuel, au propre comme au figuré, elle chante et nous craignons la chute, inévitable.

Natalie Dessay ne bride rien, ni sa joie de chanter ce rôle ni sa voix. A cloche-pied ou debout sur une balançoire, à califourchon sur la poutre d'un échafaudage à six ou sept mètres du sol ou debout tout au bord d'un précipice lit superposé, rien ne semble pouvoir entamer le legato de son chant, ni le risque de tomber ni les coups de pied au sol pour relancer sa balançoire ni sa progression rampante, à plat ventre aux pieds de son frère. Je me suis désormais habituée au contraste que forment son petit gabarit et sa tessiture légère avec la force et la projection de sa voix, il ne me surprend plus. Mais je suis toujours aussi émerveillée de sa façon de se jeter tout entière dans le rôle qu'elle investit, chantant chaque soir comme si c'était pour la dernière fois. Les aigus sont là, moins lumineux qu'ils ne le furent pour Lakmé, mais moins désincarnés aussi. La fée s'est faite femme, l'éther laisse la place à la chair, mais toujours avec la même facilité. Je n'ai eu que très peu de fois l'impression qu'elle « allait chercher » telle ou telle périlleuse note.

Peu de choses à dire sur la seule autre interprète féminine, qui tient d'ailleurs un tout petit rôle (et carrément absent dans la version française). En Alisa, la dame de compagnie de Lucia, Marie-Thérèse Keller, chante juste et possède une voix agréable mais je regrette qu'elle soit couverte dans tous les airs d'ensemble, notamment dans le sextuor. Chez les hommes, seul Christian Jean (Normanno, l'aide de camp du frère de Lucia) se révèle vraiment décevant : petite voix, jeu un peu brouillon, mais peut-être était-il en méforme ce soir-là. C'est dommage car ce personnage est (ou en tout cas devrait être, j'y reviendrai) le seul rôle 100% noir de l'œuvre, le salaud pur jus. Le manque de moyens de son interprète « délavait » hier considérablement le personnage.

Pour les autres hommes, qu'il s'agisse du frère de Lucia (Enrico, interprété par Ludovic Tézier), du chapelin (Kwangchui Youn dans le rôle de Raimondo Bibedent), du fiancé choisi par son frère (Arturo, Salvatore Cordelia) ou de son amoureux Edgardo (Matthew Polenzani), tous - à des degrés divers - tenaient très convenablement leur rôle. Ludovic Tézier était toutefois fort emprunté, ce n'est pas le souvenir que j'avais gardé de lui, ne faisant passer quasiment aucune émotion dans sa voix et le corps dans une posture immuablement rigide. Je ne sais si ça tient à lui seul ou aux consignes du metteur en scène, mais j'ai tendance à pencher pour la deuxième hypothèse car Andrei Serban a choisi de noircir tous les personnages masculins à l'exception d'Edgardo. Cette vision « tous-des-salauds » ne correspond pas à la mienne. Enrico aime sa sœur, le chapelin croit l'aider à choisir ce qui est le mieux pour elle et Arturo est tout prêt à faire de ce mariage arrangé une union affectueuse. Ils sont bourreaux mais également victimes des contraintes sociales et financières de l'époque dans laquelle ils vivent. Les mariages arrangés étaient fréquents jusqu'à une période récente et on croit là tomber dans la famille Borgia. (Ahem, encore que Lucrèce n'eût certes pas eu la faiblesse de Lucia...) C'est dommage de dénaturer ainsi le propos par une simple réduction gentils vs. méchants je trouve. Et ça se ressent dans la caricature dans le jeu vocal et d'acteur des interprètes.

Plus gâté par une construction non manichéenne du personnage d'Edgardo et également par son talent et sa très belle voix, Matthew Polenzani, dont c'était la première apparition à l'Opéra de Paris, sait se faire caressant ou coléreux. Qu'il s'agisse des duos avec Lucia, de la stupeur et la colère en découvrant ce qu'il croit être sa trahison ou le désespoir en apprenant sa mort, Matthew Polenzani est convainquant et émouvant dans tous ses airs - notamment dans le suberbe « Tombe degli avi miei » du troisième acte.

Comme à son habitude, le chef Evelino Pidò bichonne les chanteurs et à de rares exceptions près place systématiquement la musique en écrin du chant, l'enveloppe délicatement, sans affadir pour autant un orchestre de l'Opéra de Paris qui semblait tout à son aise hier. Son choix de faire accompagner la scène de la folie au glassharmonica permet de découvrir le son étrange de cet instrument prévu par Donizetti mais la plupart du temps remplacé par la flûte traversière.

Je suis contente d'avoir assisté à la répétition générale avant de me rendre hier soir à Bastille. Les trucs qui m'énervent dans la mise en scène auraient pris le devant et m'auraient empêchée de profiter pleinement de la musique et du chant tandis qu'hier il m'a suffit de « déconnecter » le canal mise en scène aux moments cruciaux pour jouir du reste !

Rendez-vous le 6 octobre pour ma dernière Lucia de cette saison ! ;)

Diffusion radiophonique :

Cette production de Lucia di Lammermoor sera diffusée le 7 octobre à 19 heures sur France-Musiques.

Encore Lucia !

  • L'avis des blogueurs :

Zvezdoliki - Véhesse - Matoo - Palpatine - Juju - le lapidaire mes bouquins refermés ;) - Un amateur - Oli - Laurent (paris-broadway) - Ikkare - et (que je découvre à cette occasion) Astorg, etjedanse, Rameau (mais lui je l'ai déjà croisé sur les forums), lechtiparigot - blosphère - Operanight - Sarastro - Blabla.

Lire aussi l'interview de Natalie Dessay par Altamusica.

jeudi 21 septembre 2006

22 v'la Lucia

On se retrouve demain devant les portes entre une demi-heure et vingt minutes avant le début du pestacle ? (Je poste ici parce que je ne me souviens plus qui sera là : Juju, Matoo, Palpat, Fûûlion... qui d'autre ?)

samedi 16 septembre 2006

Salomé

Si ça tente quelqu'un de venir avec moi, j'ai l'intention d'aller voir/écouter Salomé le 14 octobre en prenant des places debout (à 5 euros) au dernier moment à la billetterie. Je fais le pari, je crois très peu risqué, que la salle sera loin d'être pleine et qu'on pourra se replacer.

Je connais très mal Richard Strauss et je n'ai jamais entendu cet opéra en entier, sauf à savoir qu'il y a la célèbre Danse des Sept Voiles et que d'après un mien ami la scène finale de Salomé embrassant la tête sur le plateau est d'un érotisme torride :) Je lui avais d'ailleurs emprunté ses propos dans une tite fiction.

Oscar Wilde en Salom

Oscar Wilde en Salomé (source)

dimanche 10 septembre 2006

Lucia di Lammermoor (la générale 2)

Pfffffff, Zvezdoliki m'ayant injustement taxée d'hostilité (et taxée d'hostilité injuste par dessus le marché), je m'empresse de rédiger la deuxième partie de mes impressions de la répétition générale de Lucia di Lammermoor à la Bastille.

Je m'en tiendrai ici également à la mise en scène, décors, etc. Les chanteurs ne donnent souvent pas toute leur mesure lors des répétitions générales d'opéra afin de préserver leur voix et, pour ce que j'en sais, côté musiciens le chef en profite pour faire quelques réajustements, le nombre de répétitions d'un bout à l'autre musiciens et chanteurs réunis étant en général très restreint (il faudra que je demande à Fûûlion de nous préciser ça, ou Ouf s'il passe par là, ou quiconque saura mieux que moi). Je dirai simplement pour le moment, mais je ne sais pas si en représentation il en était de même, que j'ai trouvé que l'ouverture était jouée trop lentement, alors que bizarrement je ne l'ai pas ressenti par la suite. J'en dirai sûrement plus après la représentation à laquelle j'assisterai le 22 septembre.

Serban n'a pas tout faux, donc. Au premier chef, l'excellente direction d'acteurs. Pour l'avoir déjà vue sur scène, je sais que Natalie Dessay est très bonne comédienne mais que son engagement total fait qu'elle a tendance à surjouer volontiers. Rien de tel mercredi soir. D'ailleurs chaque rôle principal jouait impeccablement, tout le temps. J'insiste sur le « tout le temps » car il n'est pas si rare que les solos, duos ou autres morceux de bravoure soient laissés au bon vouloir de l'interprète, ce qui provoque régulièrement chez certains d'entre eux un plantage sur les deux pieds face au public, récital au milieu de la représentation, quand ils ne vont pas jusqu'à ouvrir un bras appelant les saluts à la fin de leur air (ah Roberto Alagna dans Le Trouvère...). De même aucun figurant ne m'a semblé livré à lui-même, chaque déplacement, chaque expression du visage semblait avoir été réglé au milimètre.

L'autre bon point de Serban, c'est la claustrophobie dans laquelle il nous entraîne : décor hostile, gris omniprésent, personnages encerclant l'héroïne pour la contraindre, les mains de Lucia attachées aux accoudoirs de la chaise aux formes évoquant une chaise électrique, robe de mariée enfilée de force par une floppée de duègnes austères, etc., même si à mon sens il dévoie lui-même son propos en effectuant trop souvent des distanciations créées par la difficulté à percevoir les interprètes au milieu du fouillis, les rires provoqués par des effets comiques que j'espère involontaires, l'inquiétude de voir le chanteur ou la chanteuse tomber des éléments du décor (je dis bien : du chanteur ou de la chanteuse, et non du personnage ce qui pourrait se justifier).

J'ai trouvé très pertinente également l'approche de la première partie de la scène de la folie (avant l'épreuve du chant sur poutre sous les cintres...) : Lucia sort ensanglantée de la chambre nuptiale et tandis qu'elle se met à sombrer dans les hallucinations de la folie qui l'éloignent du souvenir du drame elle se lave à grande eau à sa fontaine imaginaire (hein Palpat ;)) du sang qui la recouvre. Elle se lave de la réalité au fur et à mesure que le disjonctage devient complet.

Enfin, faire de Lucia une enfant (les jeux de balançoire, cloche-pied, etc.) broyée par l'intérêt supérieur de sa famille est un angle tout à fait possible de l'œuvre et qui de surcroît convient parfaitement à la voix - et au gabarit - de Natalie Dessay, même si la production n'a pas été créée avec elle. Je ne lui reprocherai que d'avoir mis les trucs les plus gymniquement compliqués (et pour moi source de perte d'attention) au beau milieu des airs les plus poignants...

Voilà de quoi tempérer mon billet de jeudi, je l'espère, bien que je reste du même avis que moi-même personnellement : je trouve globalement cette mise en scène mauvaise et surtout occultante. Il y a des mises en scène pas terribles mais dont on peut s'abstraire, pas celle-ci. En tout cas pas quand on la voit la première fois. La deuxième, je saurai où ne pas regarder :)

PS. – Au fait, Natalie Dessay adore cette mise en scène. Et comme le signale Zvezdoliki ainsi que les autres spectateurs dont j'ai lu les comptes rendus sur les forums d'opéra, elle l'a fait savoir clairement hier soir à la première.

Edit du 23 septembre : Voir aussi mon compte rendu de la soirée du 22 septembre, pour une véritable représentation cette fois. Donc plutôt au sujet des interprètes et de la musique cette fois.

jeudi 7 septembre 2006

Lucia di Lammermoor (la générale 1)

(En deux billets, je commence par les mauvaises nouvelles - et c'est long.)

« Hai tradito il Cielo et amor »

(Vous avez trahi le ciel et l'amour, Lucia di Lammermoor, acte II.)

Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, mais j'ai un don : l'empathie. C'est souvent elle qui me permet d'écarter une colère naissante, une déception, en me mettant à la place de l'autre.

La preuve ? Même après la répétition générale de Lucia di Lammermoor hier, je ne prononcerai pas la moindre récrimination contre Andrei Serban.

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