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samedi 26 septembre 2020

Jojoff

Comme je le disais hier, j’ai participé au jeu de l’Auberge avec un second personnage, Joseph Midaloff dit Jojoff.

J’ai adoré.

Ça s’est décidé très vite. Deux inscrit·e·s nous avaient fait savoir dans la première semaine de jeu qu’ielles ne viendraient pas finalement et malgré mes appels sur le forum et sur Twitter l’une des chambres ainsi libérées est restée vide.

Comme je le disais hier je n’étais pas très à l’aise avec Jeanne : profil flou, nécessité de billets passe-plat ou accusés réception, confusion entre le personnage et l’animatrice du jeu… Par ailleurs parmi les désistements et les personnages « disparus » il y avait les seuls rares profils issus de milieux populaires et je trouvais que ça manquait à notre galerie.

La règle de ne pas avoir deux personnages à la fois avait pour but qu’on ne doive pas refuser l’entrée à quelqu’un alors qu’un autre aurait occupé deux « chambres ». J’étais bien placée pour savoir que ça ne serait pas le cas même si j’avais bien conscience que je profitais du privilège d’avoir une information que d’autres n’avaient pas.

Je n’ai eu aucun mal à déterminer le profil de Joseph. Depuis longtemps je régale mon entourage des anecdotes de mes anciens collègues rotativistes, leur franc-parler, leur gouaille, leur loyauté les uns vis-à-vis des autres (parfois leurs côtés sectaires et corporatistes mais j’ai décidé de laisser cet aspect de côté pour le jeu). Je me suis largement appuyée sur deux en particulier avec lesquels j’ai suivi une homérique formation au management lors d’une grande opération d’« accompagnement au changement » dans mon entreprise. Homérique.

Joseph a fait deux séjours avec une pause d’une quinzaine entre les deux.

Pour le « pitch » du premier séjour j’avais deux souhaits : faire se démener Joseph dans l’absurdité de l’actualité (en évitant la covid) et l’ancrer dans une activité professionnelle pour pouvoir évoquer les us et coutumes des ouvriers de l’imprimerie. Sur le plan de l’écriture je voulais m’amuser à des exercices de style entre son parler naturel et ses échanges formels avec sa hiérarchie.

Ainsi est née la « mission à la con » d’un roto parigot préretraité envoyé à Bourg-en-Bresse pour un projet secret stupide du gouvernement. J’étais contente aussi d’endosser un personnage du même âge que moi, Jeanne ne pouvant décemment pas avoir une fillette de 10 ans *et* être au bord de la retraite ! Pour développer une autre forme d’écriture que ce que je faisais côté Jeanne — et aussi parce que ça me semblait plus cohérent pour son récit — les textes du premier séjour étaient des mails qu’il envoyait à trois interlocuteurs : la direction de son entreprise, son ancien collègue à Paris et sa femme Julie. La comm policée, le brut de décoffrage, l’intime. L’idée était de jouer sur les différents registres d’écriture avec la version où il écrit à sa direction et celle où il raconte la même chose à son collègue de Paris ou à sa femme.

J’ai commencé et identifié quelques jours plus tard deux difficultés principales.

D’une part il m’aurait fallu plus de temps pour dérouler tout le scénario que j’avais en tête, surtout que comme il y avait à chaque fois deux versions du récit je ne pouvais pas en placer des tonnes à chaque billet sous peine qu’ils fassent douze kilomètres de long. En outre l’histoire que j’avais en tête m’amusait beaucoup mais ajoutait trop d’éléments extérieurs à l’auberge et réclamait trop de développements et de personnages, demandant au lecteur un effort de mémorisation d’un billet à l’autre pour retrouver ses repères. Or nous étions très nombreux, c’était impossible dans le cadre de ce jeu. J’ai d’ailleurs eu l’impression que beaucoup ont décroché très vite, dès le deuxième texte. C’est en tout cas l’impression que j’ai eue au faible nombre de commentaires et à l’absence de sollicitations sur le forum.

D’autre part, comme Jojoff était à l’imprimerie une bonne partie de la journée, le cadre et les événements de l’Auberge étaient peu exploités et les interactions à peu près inexistantes. Si imaginer mon Jojoff dans sa mission me régalait j’avais aussi très envie de jouer aux interactions. Aussi, dans mon esprit à quoi bon participer si c’est pour ne se servir ni du cadre ni des personnages de l’Auberge[1].

J’ai alors peu à peu laissé tomber ce que j’avais prévu de descriptions et péripéties de la « mission » pour me recentrer plus à l’auberge. Moi qui étais en manque d’interactions, j’ai été servie : le bal du 14 juillet d’abord, plus tard l’altercation avec le comte russe, la balade à vélo avec Natou puis la partie de pétanque avec trouze mille personnes. Qu’est-ce que je me suis régalée, vous n’avez pas idée ! Je voulais continuer ça, ce kiff comme dirait Yann. Je me suis réinscrite sur une période creuse, pour un deuxième séjour jusqu’à la fermeture où je serais totalement sur place, emportant dans mes bagages ma femme Julie.

Je craignais tout de même l’effet come-back de trop et je n’avais plus la « mission alakon » pour fil conducteur. La présence de Julie m’a aidé, bien que j’aurais aimé savoir lui apporter plus d’individualité, mais en écrivant à la première personne c’est assez difficile.

Mon objectif principal du deuxième séjour était de jouer le plus possible aux interactions et je m’en suis donnée à cœur joie. Parcourir les billets de mes partenaires de jeu pour piocher des éléments qui étayeraient leurs personnages ou feraient progresser leur récit et les insérer dans l’interaction était un exercice très amusant et satisfaisant quand j’y parvenais.

Côté écriture, l’enjeu était de les faire réagir ou parler dans les dialogues sans les trahir, de garder ce que je pouvais de la gouaille et de la bonhommie de Jojoff mais sans en faire ni un comique ni un gros bêta. J’ai tâché de m’appliquer aussi — et c’était un exercice très intéressant — de chasser mes tics d’écriture/syntaxe pour qu’on ne me reconnaisse pas derrière Jojoff. Les parenthèses et incises, les adverbes antépostés, etc. Un point dont je me suis rendue compte vers la fin, mais apparemment pas vous, c’est que Jojoff et Jeanne appliquaient la même typographie dans l’écriture des dialogues. Les deux seuls à le faire comme ça d’ailleurs. J’ai pensé que cette particularité ferait que je serais découverte ou plutôt révélée dès la première heure du QuiEstQui !

Le petit regret, mais qui ne gâche aucunement le reste, c’est qu’à la fin du jeu j’étais sur les rotules et j’ai dû prioriser l’énergie qui me restait pour l’affecter à Jeanne et ses derniers billets et du coup la production-jojoff s’est arrêtée tout net mais après tout, il n’y avait pas d’arc narratif, alors on s’en fout que ça reste en suspens, non ? ;-)

Note

[1] Et comme j’ai encore un peu ma casquette d’organisatrice, je précise que c’est MA façon de voir les choses en tant que joueuse, pas un principe auquel tous devraient adhérer.

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